Suspect 95 : " Je n’ai pas d’idole dans le rap en Côte d’Ivoire "

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Guy Ange Emmanuel, c’est son nom à l’Etat-civil et Suspect 95, celui qu’il s’est attribué pour mener sa carrière musicale. L’auteur de la célèbre chanson "Enfant de boss" est notre invité ce week-end. A vous le Suspect !

D’où vient ton nom Suspect 95 ?

Suspect n’est pas lié au Rap à la base. On m’appelait déjà ainsi parce que je suis un amateur de jeux vidéo et le jeu dans lequel j’étais imbattable le personnage avec lequel je jouais s’appelait Suspect. Donc avant même que je ne fasse le Rap on m’appelait déjà Suspect. Quand j’ai commencé le Rap peu après, il me fallait un blase, j’ai donc conservé Suspect  auquel j’ai ajouté mon année de naissance qui est 1995. C’est ce qui a donné Suspect 95.

Quel est en clair ton parcours musical ?

J’ai été piqué par le virus du Rap quand j’étais au Collège Moderne de Cocody. Mais tout a véritablement démarré en classe de 1ère.

A l’époque, au Lycée Classique d’Abidjan en classe de 2nd, on faisait des rondes de free-style. A côté de cela, on faisait des maquettes rapide de 5000 FCFA juste pour montrer aux autres ce que tu vaux. Et via bluetooth, on partageait cette chanson. Au fur et à mesure, je me suis fait un petit nom dans la sphère underground du rap ivoirien.

Un jour, des gens de Triomphe Production qui est ma maison de production actuelle, m’ont dit qu’ils apprécient ce que je fais et que la maison souhaiterait entamer une expérience avec moi. La condition était que je vienne faire un titre avec Bebi Philip qui est l’artiste phare de ladite structure. J’avoue que c’était un honneur pour moi. Sans hésiter, on a enregistré "Demain t’appartient" avec Bebi Philip. Ce morceau a vraiment tourné. Après cette première expérience, j’ai dû faire une pause pour préparer le BAC. Dieu merci, j’ai passé le BAC C avec brio. Après cela, j’ai repris les choses là où je les ai laissées avec Bebi Philip que je considère comme un mentor. Et on a sorti "Au nom de quel amour". C’est donc à partir de là que mon entrée dans le showbiz a véritablement commencé.

N’as-tu pas peur de la façon dont les choses se passent aussi facilement pour toi dans ce milieu qui est réputé difficile ?

Du tout ! Je suis plutôt heureux que les choses se passent de cette manière-là, j’intègre le milieu et les choses vont à 1000 à l’heure pour moi. Cependant j’apprends et je me méfie à la fois dans ce milieu tordu. Mais par la grâce de Dieu, il y a des grands frères autour de moi qui sont aguerris des traquenards de ce milieu qui m’épaulent, me conseillent et me guident. Mais malgré les 1000 à l’heure, moi je ne considère pas que je vais à vive allure, je ne considère pas ce niveau comme la réussite. Je vise plutôt le top de chez top mais j’y vais pas-à-pas.

Alors, c’est quoi ce que tu vises ?

Je vise un public mondial. C’est-à-dire pouvoir faire des scènes aux Etats-Unis, en Europe et partout dans le monde, ne pas que me contenter d’écumer la sous-région ici ou la diaspora comme le font bon nombre d’artistes d’ici. Je veux une diversité dans mon public.

Pour revenir un peu en arrière, quelle a été la réaction de tes parents quand tu commençais à être sous les feux de la rampe ?

Je suis issue d’une famille de 7 enfants considérant mon côté maternel et de 10 enfants de ceux de mes pères et mères dont je suis le benjamin. Cela dit, tous mes ainés sont chacun casés et chez soi. Le seul problème de ma mère était que je n’abandonne pas les études et la foi catholique. Aujourd’hui, je suis en 2ème année de comptabilité dans une grande école de la place.

Une confidence, je reprends mon année académique parce que les choses sont tellement allées à vive allure que je n’ai pas pu terminer l’année d’études dernière. Cette année je crois que je vais décrocher le Brevet de Technicien Supérieur en Comptabilité. Quant à mon père, il m’a donné sa bénédiction sans oublier de me rappeler que le choix que j’étais en train de faire n’était que pour moi et qu’il fallait que j’y mette du sérieux pour mon bien. Pour tout vous dire, mon père a toujours été avec moi.

Est-ce-à-dire que tu a déjà reçu des coups de pied dans le milieu ?

Pas vraiment, mais ce qui m’écœure, c’est qu’il y a des gens qui pensent qu’il faut que tout passe forcément par eux. Quand tu trouves d’autres moyens de parvenir à tes fins, ils ne sont pas contents et cherchent à te "fermer" comme on dit dans le milieu. On a croisé tout ça mais par la grâce de Dieu, on sait comment éviter ces gars-là.

Qui est ton idole dans le rap en Côte d’Ivoire ?

Honnêtement, je n’ai pas d’idole en termes de rap en Côte d’Ivoire. D’ailleurs, je ne me suis inspiré de personne ici. Le seul gars dont je suis fan est Sarkodie. J’ai même remixé son titre "Illuminaty" que j’ai sorti en single.

Un gars comme toi qui "mousse", comment ça se passe avec les filles ?

D’abord, je suis célibataire. C’est vrai qu’il arrive quelques moments de flirt passager, mais c’est rien de sérieux. Je suis et je reste à 200% concentré sur ma musique. Toutefois, j’aime les femmes noires mais je ne suis pas fermé aux femmes claires.

Tu as déjà été approché par un homme ? On sait de quoi on parle-là !

Bien sûr !!! Ils sont nombreux dans ce milieu, les homosexuels ! Généralement, je vois les choses venir de loin, alors je m’arrange à repousser leurs propositions avant que ça n’arrive à moi. Toutefois, il arrive que je devienne ami avec eux car de toutes les façons, avant d’être homo, l’on est d’abord un être humain donc un potentiel ami.

Quelles sont tes relations avec les rappeurs ivoiriens ?

Je n’ai pas de relations particulières avec eux. Mon seul ami rappeur ivoirien, c’est Stelair. A la base, c’est lui qui enregistrait mes morceaux.

Suspect 95 dans l’avenir, ça donnera quoi ?

Je vois la musique comme un tremplin parce que je n’en maitrise pas les vagues. Tu peux marcher aujourd’hui et demain, chavirer. Je la fais parce que c’est ma passion, mais derrière ça, il faut que tu fasses à travers elle ton carnet d’adresse, installer des business consistants tel qu’une entreprise de réalisation et de production afin de révéler d’autres talents. Je me vois superstar mondiale aussi (il rit).

Réalisée par J.M. TONGA