Scovik 1er : "Aucune musique ne peut effrayer le coupé décalé"

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Kouassi Ya N’Da Alexis (son nom à l’état-civil) est de nature discret. Mais remarquable à la tâche. Toute chose qui lui a valu d’être le premier titulaire du Prix du Meilleur Manager aux Awards du Coupé Décalé.

Musique dont il parle d’ailleurs dans cette interview avec beaucoup d’intérêt.

- Où et comment s’est-il passé ton premier contact avec la musique ?

 

Tout a commencé au lycée moderne de Bocanda, en 1999. Maestro du groupe zouglou Oxygène qui a détecté en moi un talent a estimé que j’étais capable d’assurer la relève quand ils seront partis ses amis et lui après le Bac.

 

C’est ainsi qu’il m’a fait intégrer le club artistique du lycée. En formation à ses côtés, on faisait de l’ambiance facile qu’on appelle le wôyô. Il m’a par la suite fait la proposition d’un certain nombre de sobriquets parmi lesquels Scovik.

 

J’ai opté pour ce nom parce qu’il incarne une personne radicale et ça colle avec moi. Au départ, on m’appelait Petit Scovik parce que j’étais le plus petit du groupe d’animation de notre lycée.

 

Des années plus tard, j’ai formé mon propre groupe, Les Jeunes Premiers, avec lequel j’ai sorti un album zouglou. C’est avant de sortir l’album avec Les Jeunes Premiers que je suis devenu Scovik 1er .

 

- Que s’est-il passé après Bocanda ?

 

De Bocanda, j’arrive à l’Insaac au Lycée d’Enseignement Artistique. C’est là que je fais la rencontre de Bebi Philip. Bebi Philip, j’ose le dire, est un produit brut. A l’époque, on avait un piano défaillant dans notre salle de classe dont certaines touches du clavier qui ne fonctionnaient pas. En dépit de cela, quand je fredonnais un chant, Bebi Philip arrivait à m’accompagner avec ce piano-là.

 

J’ai donc discerné quelqu’un qui pouvait aller très loin dans ce qu’il fait. C’est ainsi que j’ai décidé de mettre ma carrière artistique de côté pour l’ encadrer. Car à dire vrai, il y avait un travail à faire.

 

 

 - Avez-vous pu au moins terminer les études à l’Insaac ?

 

J’ai fini ma formation à l’Insaac avec le BAC HE. Lui, non. Comme il est musicien praticien, il jouait dans des bars et autres clubs. Ce qui lui faisait gagner des sous mais aussi en expérience. Il devait reprendre la deuxième année, mais il ne l’a pas fait. C’est comme cela qu’il s’est retrouvé chez Freddy Assogba. Donc il n’a pas terminé à l’Insaac.

 

- Tu t’es arrêté là ?

 

J’aurais pu poursuivre le cursus supérieur à l’Insaac, mais je me suis dit qu’en tant qu’artiste, il était intéressant d’avoir plusieurs cordes à son arc. J’ai donc opté pour l’Université de Cocody en faculté d’Arts et Spectacles qui regroupe entre autres cinéma, photographie, musique, danse et surtout la communication qui est un domaine qui me passionne particulièrement. Malheureusement, deux ans après que j’aie intégré cette faculté, les universités ont été fermées à cause de la crise. A la réouverture, je n’y suis plus retourné jusqu’à ce jour. - Quelle est la raison véritable qui t’a poussé à arrêter les études à ce niveau ? En réalité, c’est la fermeture qui m’a refroidi. Au moment de la réouverture, j’étais déjà en avance sur ce que j’avais entrepris pendant cette trêve-là, c’est-à-dire le management artistique.

 

 - Peux-tu nous dire pourquoi tu restes concentré sur Bebi Philip parce qu’on sait qu’il y a d’autres artistes qui te sollicitent régulièrement ?

 

Il faut avoir le courage d’avouer que dans notre métier il faut être fidèle et éviter d’être éparpillé. L’artiste est un esprit en qui tu as plusieurs autres esprits et manager un artiste n’est pas toujours chose aisée. Si tu en as dix ou quinze, ça devient dangereux. L’autre chose, c’est que j’ai une spécialité : j’aime révéler. Je n’aime pas prendre en chemin un artiste qui est déjà connu ou qui a une certaine gloire. Car ce genre d’artiste te dira qu’il connait tout. Alors que le rôle de l’artiste est de chanter et de danser. N’empêche que je peux donner des coups de main.

- Comment te projettes-tu dans cinq, dix ans ?

 

 Pour ce que j’ai appris à l’école de musique, il y a beaucoup de choses que l’on peut faire dans la musique car elle est vaste. Cela dit, je ne vais pas me focaliser sur le management et la production artistique. Je vise d’autres choses dans la musique. Je viens d’ailleurs de créer ma structure qui s’appelle Jared Company. Je vais y faire du management artistique, du coaching artistique, du booking, de la production et divers. Je me suis dit qu’il y a beaucoup de choses manquent aux artistes d’ici.